L'Empathie On trouve de nombreuses définitions de l'empathie, du Dico à la philosophie et de la psychiatrie à la neurobiologie. Je les ai cherché il y a très longtemps. Quand j'ai lu en fait, la description des symptômes ressemblants à ce que je vivais dans un de mes livres, sous l'étiquette « Empathie ». J'ai voulu savoir évidemment ce que c'était. Aujourd'hui, les définitions sont encore plus nombreuses, elles sont même légion et souvent en contradiction. Mais c'est très new âge. Voici comment mes collègues et moi-même, la vivons : comme une hypersensibilité de la perception de l'autre. On s'imbibe littéralement de l'autre, au point de se sentir l'autre ! Aussi bien sur le plan physique (plaisirs, douleurs) que sur le plan caractériel, émotionnel et parfois même, spirituel. Tout le monde est empathique, absolument tout le monde, mais a des niveaux de sensibilité variable pour chacun. Très faible pour la personne la plus égocentrique (tellement centré sur son nombril, qu'elle ignore ceux qui l'entoure). Pour, en haut de l'échelle, aller (dans la forme la plus positive) jusqu'à la communion, l'acceptation et la fusion totale avec l'autre, état qui peut aussi porter un bien beau nom… Amour. Exemple : La sympathie et l'antipathie, bien qu'en étant la forme la plus rudimentaire, sont des niveaux d'empathie que tout le monde possèdent (certains pensent que ces deux sentiments, ne font pas parties de l'empathie parce que basiques, moi je trouve que si !). Ce que vous percevez en vous venant de l'autre, vous plait, vous déplait ou vous laisse indifférent, sans qu'aucun élément concret vous permette forcément de savoir pourquoi. La vie des empathiques (je vais parler au masculin, non par misogynie, mais pour ne pas surcharger le texte en rajoutant elles ou ils, à chaque fois) n'est pas drôle tous les jours, car Il s'y ajoute une dimension émotionnelle due aux ressentis des milieux dans lesquels ils évoluent. Leur vie, par rapport aux canons standard, devient de ce fait différente. Ils deviennent des marginaux… Ce qui est agréable quand on fréquente quelqu'un de sain et de positif en pleine santé, le devient beaucoup moins quand ce quelqu'un est corrompu, négatif et malade n'est-ce pas ? Etre au milieu d'un groupe étranger, peut devenir une épreuve des plus pénible (dans un milieu réduit, familier et intime par contre, la perception s'habitue et diminue au fil du temps), des présences aussi proches, s'ajoutant les unes aux autres, avec tout ce qu'elles représentent, semblent l'étouffer, la pression devient trop forte et il a un réflexe de fuite. Si sa retraite est impossible, la pression va le rendre agressif et il sera jugé comme un asocial… Et je sais de quoi je parle… J'ai pris très tôt du recul vis-à-vis des autres, et ai appris instinctivement (comme tous les autres) à créer une sorte de barrage mental qui atténue (voir étouffe complètement) ces perceptions, pour me protéger des sensations désagréables. Mais comme toute forme de construction mentale, celle-ci consomme de l'énergie et parfois son « étanchéité » laisse à désirer. Je le remarquais par exemple, quand ma femme avait ses règles (qu'elle avait très douloureuses), et que d'un seul coup, j'étais poignardé par une crampe abdominale fulgurante (ce n'est pas drôle d'être une femme parfois…). Ou quand, travaillant avec un collègue depuis un certain temps, dans le cadre de ma profession, je pris conscience d'une douleur lancinante à mon coude gauche. N'ayant pas souvenir de mettre cogné, je demandais à mon collègue s'il ne s'était pas blessé récemment. Sa réponse fut « Non… Enfin je me suis cogné le coude gauche et c'est douloureux, mais c'est tout. ». Cela illustre bien, ce que nous vivons. La création instinctive, de ce barrage filtrant est vitale pour nous, sinon c'est la folie qui nous guette à plus ou moins long terme. Nous pouvons donc vivre normalement en société, sans rien sentir de particulier à chaque fois que nous croisons quelqu'un. Mais si nous côtoyons une personne 8heures par jour, certains messages, s'ils dépassent un certain seuil, peuvent passer ce barrage. Aussi, on ne sait jamais réellement si une souffrance ressentie est celle de notre corps ou celle de l'autre… Mais le pire, c'est les souffrances morales et là, c'est atroce… Je fuis alors comme un animal, pour pleurer ensuite sur ma lâcheté… Car s'il y a un facteur qui peut pulvériser ce barrage, c'est la charge émotionnelle. Qu'elle vienne de la personne en face de vous ou de vous-même, si elle dépasse le seuil de votre « protection ». Elle vous submerge et vous ne pouvez plus rien contrôler. J'ai remarqué aussi (comme si de notre inconscient continuait en douce, à être à l'écoute des infos reçues par ce canal) que notre attention pouvait être attirée par une personne se trouvant parfois à une grande distance. Par exemple, je me rappelle particulièrement bien, quand je suis entré dans ma dernière Entreprise, d'avoir ressenti soudain en moi, un sentiment d'aversion profonde… Regardant autour de moi, j'en découvris la source, un homme se trouvant (parmi d'autres, mais que je localisais avec précision) à une centaine de mètres de moi. Cet homme je l'appris plus tard, allait devenir mon chef hiérarchique. Cette aversion trouva très vite un sens, il traitait ses subalternes comme s'ils n'existaient pas… Mais pourquoi ai-je ressenti cet homme, alors que je ne l'avais jamais vu… Curieux non ? En réalité, il y a une raison à cela, mais ce sera le sujet d'une autre partie… Cette sensibilité, ne se limite pas à la perception des autres, elle touche TOUS les domaines vivants. C'est difficile à expliquer car c'est un ressenti, je dirai même un sentiment, pour ne pas dire une émotion. Qui par exemple, en se promenant dans une forêt et se mettant à l'écoute, n'a pas ressenti au moins, ce sentiment de force tranquille et de paix venant des arbres ? J'ai rencontré récemment, un ancien garagiste qui souffrant de sclérose en plaques, se réfugiait dans les bois pour avoir la paix. Curieusement, il s'y sentait mieux. Il a eu une rémission, à changé de métier et est maintenant garde forestier. C'est à travers cette forme de perception que j'ai vécu ma prime jeunesse… Au fil du temps, j'ai acquis des compréhensions et des certitudes qui me paraissaient évidentes sans savoir réellement pourquoi. Comme cette certitude qu'une « Force » existait, qu'elle était harmonie… Qu'elle était vaste comme l'univers et pourtant présente auprès de chacun de nous. Comment? Je n'en avais aucune idée. Attaquer pour ne pas être attaqué Une chose m'a frappé quand j'étais à l'école (au sens propre comme au sens figuré) et que je remarquais particulièrement lors des récréations. C'était le comportement particulier de certains enfants. A cause de mon empathie, j'étais déjà devenu un marginal me tenant à l'écart des autres, de crainte d'être blessé par un sentiment ou une sensation pénible, et c'est du coin de la cour que je les regardais jouer. Des groupes se formaient sous l'érige de garçons « dominants ». Je sentais ce besoin qu'avait ce « chef » d'asseoir son autorité par tous les moyens et celui de chacun des éléments du groupe d'être rassurés et sécurisés. Il m'arrivait même parfois de percevoir la jouissance dominatrice et cruelle du chef, ainsi que la veulerie de ceux qui abdiquaient toute individualité, pour devenir un élément de cette entité grandissante (car recrutant pour se renforcer), qui perdant toute humanité devenait graduellement, une « meute »… Etant isolé, Je fus même plus d'une fois, la proie d'une de ces meutes, ou le chef ricanant avec suffisance me coinçait dans un angle de mur, me bousculant, frappant et pinçant. Sa meute ricanante m'entourant de tous côtés… Je sentais sa griserie comme une mauvaise haleine… Les éléments de la meute, vivaient par procuration les « jouissances » sadiques de leur « maître ». Nombreuses ont été les « victimes » de ces meutes. Victimes toujours prises a partie quand elles étaient seules et isolées bien sûr, car la soif de domination de cette entité que formait le groupe, n'avait d'égal que sa lâcheté… S'il y avait plus d'une « meute » dans l'école, celles-ci se battaient entre elles comme des animaux. Pourtant, ce n'était que des enfants… Mais de ce qui existait déjà chez l'enfant, que pensez-vous que cela donne quand il devient adulte? Heureusement que tous les garçons n'étaient pas comme ça. Comme les écoles n'étaient pas mixtes, ce n'est que plus tard que j'appris que l'équivalant existait aussi chez les filles, mais différemment et en moins violant… Mais vous l'aviez déjà remarqué vous aussi n'est-ce pas ? C'est à cette époque, que je pris réellement conscience des influences et des interactions d'un individu sur un autre. Aussi, je me suis intéressé à cette facette de l'esprit humain et en particulier, à ce qui était en ce temps, considéré comme de la magie noire ou de l'escroquerie, l'hypnose… |